Jeudi 22 septembre 4 22 /09 /Sep 00:18

L’histoire se suit et se ressemble, j’écris de Dehaan dans cette bonne vieille villa en bord de mer, je tente de mettre une fois de plus mes idées au claire. Moi qui pensait pouvoir ne donner en suite que du train train quotidien, soit le résultat de deux être qui se trouvent. C’était me surestimé! J’ai l’impression d’être quelqu’un de pitoyable. Mais commençons par le début.

 

Flav, c’est moi, un peu globe trotteur, un peu fleur bleu, juste un peu beaucoup… Je vous laisse juge. Je ne suis plus tout jeune, plus proche des trente ans que des vingt. Si vous me lisez depuis le début et que vous suivez, dernièrement je roulais ma bosse en Bretagne. J’étais tombé sous le charme d’un grand français, à l’accent français! Ca ne veut rien dire pour vous, et pourtant quand on est d’origine flamande, on peut trouver cela savoureux, cet accent, enfin le sien… J’aime beaucoup.

 

Benoît est maire, en été, il a fort à faire avec les touristes et les problèmes qu’ils engendrent. Moi de mon côté, j’ai lancé en Belgique, une petite affaire, elle démarre tout doucement, prise en main en mon absence par une alliée de confiance et efficace: ma mère. Du coup, ne sachant plus me passer de lui, j’ai mis dans son coffre quelques affaires persos, et dans la tanière du loup, j’ai tenté de me faire une place.

 

Dans son univers, l‘oiseau a fait son nid, mais de « réceptions » en déception… Je me suis lassé. J’ai fini par ne plus l’accompagner. Comment décrire ces endroits ou chaque soir nous devions nous rendre, des salles de fête plus sordide les unes que les autres, tout le monde connait tout le monde, et c’est à celui qui boira le plus et payera la prochaine tournée. On vous raconte cent fois les mêmes histoires, des évènements auxquels vous n’avez pas assisté, et même avec toute la meilleur volonté du monde, impossible de rebondir sur un quelconque sujet. Trois semaines de migraine et Flav bouquine, bronze dans le jardin ou à la plage, moi qui ne suis pourtant pas asociale, enfin je ne le pense pas, je n’ai même pas réussi à me faire un ami de moins de septante ans dans son bled.

 

Aussi, comme je me décidais à partir, je l’en avertis, du coup il tente de me retenir, il me sort quelques kilomètres plus loin de son fief, je continue de découvrir sa région, il a fait des efforts, je ne peux pas le nier. Il a même inviter Francis et son compagnon quelques jours. Tout simplement car je lui avais confier avoir envie de parler un peu néerlandais, lui qui me perfectionne sans cesse en français. Mauvaises idées!? Je ne sais pas… L’intention était bonne.

 

Je me trouve beaucoup d’affinités avec le nouveau moi de Francis. Il a quelques années de moins que moi, et passe le même calvaire par lequel je suis passé. Il l’aime, et lui n’aime personne.

 

Je pense que je risque d’en choquer plus d’un, alors qu’autant se reconnaîtront dans les lignes qui vont suivre. Quand on a partagé un bout de chemin avec quelqu’un, même si ça c’est mal finit, même si on se souvient plus des mauvais moments que des bons, dés que l’on passe un peu de temps ensemble, il y a des automatismes, de la complicité qui refait surface comme si de rien n’était.

 

Des yeux qui se suivent lors de conversation, des silences lourds de sous entendu et ses mots qui glacent les nouveaux venus dans vos vies: « tu te souviens… », « tu te rappelles de… ».

 

Quelques exemples concrets: nous sommes à quatre en train de lire les menus des potentiels restaurants ou dîner. Benoît propose que nous options pour l’enseigne « Chez Thomas », une formule menu quatre service lui plait. Francis affirme que ce n’est pas un bon choix, à moins que je raffole du pesto après avoir détesté ça quand j’étais avec lui. Je ne savais plus ou me mettre, leur tête à tous les deux! J’ai beau eu bredouillé que je prendrais à la carte… Je ne vous dis pas l’ambiance du repas: d’un côté un qui râle car son homme, ne se soucie jamais de ses préférences culinaires de l’autre un Benoît qui lance un concours « à qui connait le mieux le « Flav » », cette bête curieuse assise à la table! Avec évidemment un Francis qui en remet une couche.

 

Un autre soir, alors que nous prenions l’apéro chez Benoît, Peter fait passer les plats d’amuse bouche en toute innocence et serviabilité. Il dirige vers moi, un plateau de chips, Francis lui dit que je n’ai jamais aimé ce genre de saleté, et me propose un plateau de toast qu’en effet j’affectionne. Le ton de sa voie? Le fait qu’il avait raison? En tout cas, Benoît plus qu’irrité affirme que je n’ai jamais craché sur un chips. J’en prends un, et propose une partie de badminton pour faire diversion. Mauvaise idée, Peter et moi n’avons pu qu’assisté à un combat de coqs, qui s’en prenaient à leurs co-équipiers à chaque coup perdu.

 

Un autre soir, alors que Benoît menait la conversation sur un projet de hall omnisport. D’un œil, je détaillais Francis, son polo Ralph Machin, mettait bien en évidence ses pectoraux, les boutons ouverts laissaient entrevoir un torse parfaitement bronzé. J’avoue ceci, sans trop de difficultés pour l‘avoir plus d‘une fois vu nu, j’imaginais Francis sans ses vêtements non sans quelques envies… Celui-ci toujours attentifs à tout, à vite repérer que je le détaillais, et non sans quelques fiertés, j’ai reconnu ce sourire de victoire sur son visage, pour s’assurer que je sois au fait, il a bien entendu jouer avec les pans de son col. Il a même eu le culot de me faire un clin d’œil sous le nez de nos deux compagnons.

 

Nos mecs vacant à leurs occupations avec Peter, nous allions souvent nous promener sur la plage. Là, il s’abandonnait à des confidences, je tentais de le conseiller au mieux, sans jamais rien trahir de mon passé commun avec Francis. Et je n’ai rien vu venir. Il m’a dit quelques choses ressemblant à:

 

-Moi, si je t’avais plutôt rencontré au lieu de lui, tout parait si simple avec toi!

 

Le meilleur suit ses paroles, et hop un mickey auquel je vous rassure, je n’ai pas répondu.

 

-Je ne sais pas ce qu’il m’a pris Flav. Excuse moi!

 

-C’est rien va…

 

Ce n’était vraiment rien pour moi. Je n’ai que de la pitié pour Peter, de l’amitié et curieusement, rien n’a changé depuis ce baisé. Quelques jours plus tard, ils repartent en Belgique, lors des embrassades, au contact de Francis, je ne peux le nier, j’ai encore ressenti quelque chose de fort. Mon cœur s’est accéléré, sans doute en guise d’avertissement! Ne t’approche plus de ce mec.

 

Le soir de leur départ, assis dans le jardin torse nu, je me vois un bourrelet, je me redresse immédiatement, regarde mon reflet dans la fenêtre la plus proche. Benoît rigole de me voir m’assoir, me lever, et tâter mon ventre.

 

-Il y a un clou sur la chaise longue?

 

-Regarde ce truc!

 

-Je ne vois rien?

 

-Si dés que je m’assieds, j’ai un bourrelet. On ne fait que manger ici, trois fois par jour en plus comme des ogres.

 

-Tout le monde bourrelette une fois assis.

 

-Je peux t’assurer que non.

 

-Viens pas chercher des compliments, style je suis complexé alors que tu es parfait.

 

-Il faut que je me bouge absolument.

 

-Tu n’as pas de bourrelet.

 

-Si c’est terrible! Je vais refaire de la course tous les jours.

 

-Moi, je sais comment faire en sorte que tu t’agites dans tous les sens.

 

-Je suis preneur monsieur le maire. (Avec un peu d’imagination, à moins que je doive vous faire un dessin, lol)

 

Dés le lendemain, je me suis remis à la course, dans les chemins des douaniers, je me suis dépensé un maximum tous les jours. En courant, j’ai plus d’une fois croisé un beau mec, entre trente et quarante ans, bien bâtit, cheveux brun en broussaille, sourcils épais et les yeux sombres. Au bout d’une semaine, il m’a abordé. On a vite sympathisé, on s’est mis à courir et faire nos exercices ensemble. Il m’a parlé de sa petite fille, ayant sa garde pour tout l’été, il loue pour elle une maison par là, une fois informé sur ce point, vous serez d’accord pour dire: hétéro, sympa ne pas espérer quoi que ce soit.

 

Est peut-être en cause le vent de la Bretagne, ou les courants celtiques et marins, un matin comme les autres après avoir fait notre circuit, quelques pompes et abdos, je ne sais pas ce qu’il lui a pris, il m’a embrassé. Mes lèvres se sont entre ouverte, sans pour autant répondre à son invitation, je me suis laissé faire, non sans un réel petit plaisir.

 

-Mais enfin qu’est-ce qui te prend Raph?

 

-Rien, j’en avais envie depuis un moment.

 

-Mais tu es fou! Ta fille, ta femme sans doute!

 

-Allez mec, on va refaire un petit tour pour t’aérer les méninges, tu en as grand besoin. Je suis divorcé depuis un bail au fait.

 

Je n’ai rien trouvé à lui répondre, de toute façon, il ne m’a pas laissé le temps, il est repartit en courant, moi je ne sais pas pourquoi je l’ai suivis. J’ai même eu du mal à arriver à son hauteur. Il a paru satisfait du fait que je le suive, en haut d’une montée, il m’a saisi par les épaules, m’a embrassé pour la seconde fois en 20 min. J’ai répondu à son baisé, c’est sans doute pour cette raison qu’il a laissé ses mains vagabonder un peu partout, frôlant même mon intimité au garde à vous. Quand sa main c’est fait plus pressante, ou explicite au choix, j’ai commencé à réaliser, et j’ai finis par lui dire que je devais y aller. En repartant vers chez Benoît, je l’ai entendu me crier:

 

- A demain comme d’habitude, même heure, même endroit…

 

Je ne lui avais jamais parlé de Benoît, pour une fois que je me faisais un ami dans ce bled, je n’avais pas envie qu’il prenne peur puisqu’il était censé être hétéro, père de famille. On en reparlera de ce soit disant radar! Le mien ne devait pas être en option. En même temps rien dans sa façon de parler, d’être, ne m’avait mis la puce à l’oreille, aucun soin vestimentaire, une belle gueule certes, mais pas un visage d’ange, d’épais sourcils, un menton carré, un look de rugbymen un peu.

 

Le lendemain, je n’ai pas été courir, le surlendemain non plus, le troisième jour, j’ai changé mon heure, mais il a du s’en douter que je procéderais de la sorte, au détour d’un chemin, il est apparu et il a couru à ma hauteur.

 

-Tu me fuis.

 

-Pas du tout!

 

-Menteur.

 

-Pourquoi nier, tu es autant attiré par moi que je le suis par toi.

 

-Qu’est-ce que vous en savez?

 

-On ne se tutoyais pas?

 

-Si.

 

-Mais, je suis déjà avec quelqu’un et je ne suis pas du genre à faire porter des cornes.

 

-Ha c’est donc ça! Et bien je l’envie, on peut toujours continuer à faire du sport ensemble, pour une fois que j’arrivais à frayer avec quelqu’un ici.

 

Je suis partit dans un beau fou rire dont j’ai le secret. C’est plutôt rassurant de savoir ne pas être le seul à ne pas sympathisé avec les autochtones. Aussi on a « topper » pour reprendre son expression, et on a continué à faire du sport ensemble. Je n’ai jamais rien dit à Benoît, j’ai juste fait une allusion ou deux à un type avec qui je courais parfois, mais il n’a même pas relever.

 

Alors qu’il ne se passait rien d’autre avec Raph que de l’amitié, avec Benoît on s’est éloigné, des petites disputes commençaient pour des bêtises, et la fusion des débuts disparu. Aussi il y a quelques jours, alors que je tenais Raph par les baskets pendant qu’il faisait une série d’abdos comme il peinait à finir sa série, sur le ton de la rigolade, je lui dis, tu en refais dix de plus d’affilées et je t’embrasse.

 

-Mauvais, mais je suis cap.

 

Il en a fait six de plus et je l’ai embrassé dans un rouler bouler alors qu’il était étendu au sol. Il sentait bon le mec, on était un peu dégoulinant aussi dans la poussière des sentiers, je ne vous dis pas dans quel état nous étions.

 

Il m’a invité à dîner, j’ai accepté son invitation, de toute façon c’était ça ou attendre tard le soir le retour de Ben d’un énième conseil et donc passer la soirée seul devant une télé.

Par flav1982.over-blog.com - Publié dans : Benoît - Communauté : Roman gay Rose
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